Brimstone novelisation

J'ai un roman en cour, le problème étant que je voulais m’exercer avant d'en venir à sa rédaction, du coup pour m’entraîner j'ai décider de noveliser (adapter un film en roman) un film (comme précisé dans la parenthèse précédente) sur lequel j'avais flashé grave, à savoir : Brimstone un long métrage de 2016 de Martin Koolhoven.

J'ai été franchement fascinée par le travail de sieur Koolhoven, son western atypique s'est fait lynché par une partie des critiques qui ne lui ont pas pardonné d'être trop ambitieux pour un "anonyme" (et par amalgame certains ont dit que son travail était une réadaptation du mégatropbien "La Nuit du Chasseur", dont il est simplement inspiré). Il est vrai que le film à ses maladresses (quelques passages m'ont agacés à cause de certains personnages ayant un comportement cliché) et l'oeuvre ayant un coté manichéen elle peut passer pour naïve, là ou elle porte un message simple mais pertinent.

J'ai donc décidé de l'adapter en roman juste pour m’entraîner, mais je n'ai réussit qu'à en tirer une nouvelle... De 39777 mots ceci dit, et en un mois (chui donc plus mieux que Chuck Norris). 

 

Sur ce site, je vous livre seulement un extrait de cette nouvelle que vous ne trouverez jamais en entier ou que ce soit.

"Oh Non ! Non ! Nooooooooon ! Mais pourquoi ? Oh suprême Bov la plus mieux écrivains de tous les temps ! "; me demanderez vous par milliards en pleurant en position fœtal, et bien : tout bonnement parce que je doute que sieur Koolhoven soit d'accord pour se faire piller ses personnages (mais si quelqu'un veut bien me la traduire en néerlandais, j'veux bien lui envoyer et lui demander ce qu'il en pense), et puis surtout un projet de ce type aurait nécessité quelqu'un de plus calé en histoire afin de pleinement retransmettre, voir sublimer ; l'aura de ce long métrage (et d'écrire un roman).

 

Si vous voulez mater un Western posé, original, féministe (oh le vilain mot !) qui fait réfléchir mais que vous n’êtes pas trop sensible, je vous conseille vivement Brimstone.

 

Sinon, je conseille vivement à tous ceux qui aiment écrire de faire l’exercice de noveliser. C'est un énorme gain de temps de travailler sur une intrigue déja construite, et un exercice génial de remplir les trous entre les scènes, d'essayer de retransmettre au mieux par les mots l'émotion et le dynamisme de la vidéo d'origine.  Il faut aussi souligner que raconter l'histoire d'un autre à ma sauce m'à permit par comparaison de mieux cerner mes problématiques et mon univers fictionnel intérieur, d'autant plus que je me suis permise de modifier plusieurs points clés du scénario pour mieux mettre en avant les thématiques qui m'avaient intéressée.

 

 

Voila, voila... bonne lecture !

 

 

 

 

 

Chapitre 1 : L’œil droit.

 

 

 

Je m’en suis rappelé il n’y a pas si longtemps. Brusquement, les odeurs, la brise tiède, les gens, mes gestes, tout est remonté à la surface sans que je n’en saisisse le sens… On se serait cru un jour de printemps, les oiseaux chantaient et le soleil nous baignait de sa douce chaleur.

 

On était en automne, le lac éclatant d’un vert bleuté était parsemé de la lumière pure du soleil. Tout était étonnamment très calme, apaisant même.

 

Même les bruits des coups de feu résonants semblaient inoffensifs. Je crois qu’à ce moment là, je n’avais pas fait _ ou pas voulu faire_ le lien entre ces sons et ceux d’une arme… J’ai compris quand tout à émergé dans mon esprit.

 

Maintenant, je me rappelle parfaitement de cet instant. Je sais surtout le sens qu’il y a derrière : ce matin là, je ne la revis plus jamais. De son visage, je ne me souviens pas du moindre détail.

 

Pourtant je la trouvais très belle, plus belle qu’une déesse, pourtant elle était mon foyer, mon monde, je l’aimais plus que tout.

 

 

 

_ Respire profondément comme elle.

 

Dit Sam à Maureen. Elle était adossée contre Sean son mari qui lui serrait la main et caressait son ventre, dont les contractions étaient clairement douloureuses. La future mère regarda Elizabeth souffler et rythma sa respiration sur la sienne. La sage-femme fit un signe de tête à sa fille qui se tenait sur le côté pour ne pas voir l’anatomie de la patiente.

 

_ Maintenant pousse ! Dit la fillette. Ce que fit Maureen s’imaginant escalader une paroi rocheuse.

 

Elizabeth demanda à Sam de quitter la pièce.

 

La petite alla s’assoir dans le salon. Au bout de quelques minutes, les cris du bébé se firent entendre. Elizabeth, après avoir assistée émue à la rencontre des parents et de leurs enfant, alla rejoindre sa fille pour les laisser un instant entre eux. Peu après, M. Aimard les raccompagna euphorique jusqu’à la porte.

 

_ Merci infiniment ! Dit-il en serrant l’accoucheuse dans ses bras.

 

_ On reviendra la semaine prochaine voir le bébé.

 

Transmit Sam en regardant les signes que lui fit sa mère. Elizabeth, comme à chaque fois était rayonnante d’avoir aidé à accueillir un nouveau né sur cette terre. Elle était très fière de sa fille qui l’épaulait depuis plusieurs mois, elle avait insufflée une toute autre dimension à son travail en devenant sa voix.  Sam était attentive, dévouée, très curieuse sur la vie. Sa mère n’aurait jamais cru en attendre autant d’elle si tôt. Leur partenariat avait commencé parce que Sam elle même avait imposé son aide dans une situation d’urgence. Sa fille était déjà si intelligente. C’est à croire que d’avoir une mère muette l’avait poussée à faire le lien entre elle et les autres. Dans tous les cas, Elizabeth était heureuse de partager cette aventure humaine avec elle.

 

C’était encore la nuit, le ciel serait couvert aujourd’hui, mais pour la pimpante sage-femme, cette journée d’hiver serait belle. Elle déposa sa fille dans la voiture.

 

Juste avant de monter, elle sursauta. Elle avait eu soudain l’impression d’être épiée. Elle se retourna immédiatement et scruta les bois. Il n’y avait rien d’autre que la forêt profonde figée dans une fin de nuit sereine.

 

_ Maman, tu viens ?

 

Exigea la petite Sam, à qui aucune des absences de sa mère échappaient.

 

Elizabeth chassa cette mauvaise impression, grimpa dans la voiture et fit trotter Romuald, leur cheval. Elle repensa joyeusement au bébé : beaucoup les trouvaient laids à la naissance. Pour elle, qu’ils soient fripés, tout rouges, verdâtres, difformes… Ils étaient magnifiques, car justement ils étaient laids : ils portaient sur eux les signes de la vie et de son extrême fragilité.

 

Sur le chemin, le jour commençait à pointer sa grisaille violine. Elles virent les Thomson occupés avec d’autres villageois à construire une ferme. Ils saluèrent chaleureusement le duo mère/fille.

 

                 L’après midi, en étendant le linge dehors, Elizabeth ne repensa pas à son étrange impression de ce matin, mais gratta la cicatrice à sa nuque, bien qu’elle n’y sentit aucune démangeaison.

 

Distraite, elle vit Adrian et son fils Matthew sortir de la maison. Son mari s’avança dans le champ et attacha un sac sur le vieux prunier. Que faisait-il donc ?

 

Elle le vit revenir vers l’adolescent : il semblait lui expliquer quelque chose. Ce fut à ce moment qu’elle remarqua que le garçon avait un fusil à la main : il se mit alors à tirer sur le sac servant de cible.

 

En colère, Elizabeth descendit les voir.

 

La voyant surgir mécontente, Adrian s’expliqua avec sa bonhomie rassurante :

 

_ Ah… Liz. Le garçon doit apprendre à tirer.

 

« Pourquoi ? » Demanda-t-elle en langue des signes à son époux.

 

_ Il le fera de toute façon, autant qu’il l’apprenne avec moi, plutôt qu’il pique le fusil en douce !

 

« Non ! Laisse-le ! Il est encore trop jeune ! »

 

Adrian invita l’adolescent à baisser l’arme, évidement Matthew râla. Elizabeth retourna à ses tâches.

 

Elle en voulut à Adrian de l’avoir encore mise dans la position de celle qui brime. Cela l’agaça d’autant plus que Matthew ne l’appréciait pas… La détestait sans doute. Comment aurait-il pu en être autrement, il y a six ans, elle avait « usurpé » la place de sa défunte mère. Elle ! Une fine jeunette blonde d’à peine 10 ans son ainée, avec son minois de nymphe, ses lèvres légèrement félines, et ses grands yeux de biche, du vert des plus éclatants. « Elle était de première qualité », comme l’avait présentée un jour Frank.

 

Cette situation l’attristait profondément, car sur bien des points Matthew ressemblait a qui elle était jadis : il aimait beaucoup les bêtes, et s’ennuyait à mourir à la messe. Au moins, le garçon ne fut jamais jaloux de Sam envers laquelle il se comportait tel un second père.

 

Elizabeth préférait risquer d’être encore plus malaimée plutôt que laisser trop tôt son beau fils poser un pas où il ne fallait pas. Elle trouvait qu’en ce moment, Adrian prenait Matthew pour un homme. Le garçon n’avait que 13 ans et les environs étaient paisibles : il n’y avait rien d’autre que la plaine et les montagnes sauvages, les villageois étaient généreux, et on vivait essentiellement grâce à l’agriculture. Bref, elle ne voyait pas la nécessité de lui rendre attractive la violence du monde des adultes.

 

                Et pourtant Elizabeth à cet instant surestimait son monde. La preuve lui vint le lendemain.

 

C’était dimanche, le ciel était vierge de tous nuages. En hauteur dans les cimes rocheuses, la neige irradiait de blancheur. Dans la vallée, les prairies d’un jaune blafard et les forêts assoupies accueillaient les teintes blondes du soleil.

 

Lorsque la petite famille arriva à la chapelle pour la messe, le nouveau pasteur n’était pas encore arrivé. Les villageois s’installèrent.

 

Elizabeth aida Sam à mieux s’assoir sur le banc. Ayant mangée une pomme en route, la fillette avait son petit bec sale. Sa mère lui essuya la bouche, à la fois attendrie et amusée par sa mine négligée.

 

Toute dévouée à sa tache maternelle, Elizabeth ne prêta alors pas attention aux bruits pesants des pas du nouveau révérend qui entra dans la chapelle, ni aux murmures intimidés de certains paroissiens.

 

Une voix profonde qu’elle reconnu résonna alors dans la salle :

 

_ Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans, ce sont des loups ravisseurs

 

Jusqu’au plus profond de son être, cette voix terrorisa Elizabeth.

 

Crispée par la peur, elle se retourna lentement … C’était impossible…  Ça n’allait pas recommencer… Pas ici ! C’était impossible ! Il ne pouvait avoir survécu ! Elle pria pour qu’elle soit victime d’une forte hallucination auditive, et pourtant…  Il se tenait bel et bien là.

 

Son allure sinistre, sa carrure droite, féroce, dont la supériorité était mise en avant par son chapeau et ses habits noirs, signes de sa haute fonction de pasteur. Sa gueule était enserrée par une courte barbe grisonnante. Il avait vieilli… Non ! Son visage marqué par son âme austère s’était tout simplement endurcit. Sa bouche encadrée par deux tristes risettes, ses pommettes striées sur lesquelles ornaient ses yeux en amandes d’un noir abyssal avaient gagnées en rudesse. Une balafre sillonnait le haut et le bas de son œil droit, le rendant encore plus mortifère.

 

La jeune femme terrifiée s’assit près de sa fille et la serra contre elle. A nouveau, Il l’avait retrouvée.

 

Telle était l’irréfutable réalité.

 

Il ne croisa jamais son regard. Il n’était pas stupide. Il s’adressait à l’ensemble des paroissiens de sa voix devenue plus lugubre mais demeurant toujours aussi imposante. Elizabeth savait et sentait qu’il concentrait sur elle tous ses regards périphériques.

 

_ En théorie vous êtes les brebis du Seigneur et je suis Son chien. Chacun peut prétendre porter la voix du Seigneur, chacun peut venir prier. Cela est commode pour s’assurer de briller dans le regard d’autrui. Les lèvres fausses sont en horreur à l'Éternel, mais ceux qui agissent avec vérité Lui sont agréables. Ecouter les paroles divines mais ne pas les mettre en pratique, voilà le pire des blasphèmes. Tous, nous ne pouvons saisir la vérité, mais nous pouvons savoir au fond de notre âme si nous sommes vraiment dignes d’aller au ciel. Aidons-nous et aimons-nous notre prochain autant que nous même ? Livrons-nous  à Dieu l’entièreté de nos pensées ?

 

Tous les paroissiens sont régulièrement nourris des textes sacrés, et s’ils ne peuvent tout comprendre, ils ne peuvent nier savoir en partie ce qui est bien ou mal. En ce sens, nous tous ici présents avons une responsabilité plus forte que l’ignorant. Nous tous ici présents, sommes encore plus coupable que tout autre lorsque nous dévions. 

 

Elizabeth parvint à jeter un regard circulaire autour d’elle : tous l’écoutaient vraiment, beaucoup déjà avec fascination. 

 

_ Certains parmi vous peuvent penser qu’il importe peu d’être digne de Dieu… »

 

Son regard devint plus perçant, sa voix vibra légèrement, gagnant en intensité.

 

_ Permettez-moi d’être direct : le paradis n’est pas pour tous, Dieu n’est pas bienveillant envers tous.

 

Sa limite ? C’est celle qui vous marque lorsque que vous déviez. Je pourrais vous parler de l’enfer…

 

Oui, il existe. Comme tout un chacun, vous avez sans doute pu imaginer à quoi il ressemble. Peu importe jusqu’où vous ont porté vos rêveries, l’enfer est en réalité bien pire. Ses flammes diffusent une souffrance inconcevable, plus intense que le plus vorace des incendies. Nul acte est sans conséquence, dans ce monde et celui d’après. Et en tant que chien, mon rôle est de vous remettre dans le droit chemin. Maintenant, chantons Reste avec Nous

 

                Ils chantèrent tous en un chœur relativement harmonieux. Adrian donna un coup de coude à son fils qui ne voulait pas chanter, il remarqua alors que sa femme était aussi pale qu’une morte.

 

_ Liz, tu vas bien ?

 

Elle acquiesça avec un sourire forcé. Adrian ne fut pas surpris, sa femme, pour une raison mystérieuse, avait mit un certains temps avant d’être sereine à la messe. Avoir un nouveau révérend qui d’entrée de jeu s’imposait en parlant de damnation éternelle  avait du faire ressurgir son étrange phobie. À la fin de la messe, voyant Elizabeth laisser passer devant elle tous les autres paroissiens, son époux conciliant ne la pressa pas.

 

Il saluait devant la sortie chacune de « ses nouvelles brebis ». Avec effroi, Elizabeth vit Mary, une femme enceinte qu’elle suivait, faire bénir son bébé par lui. Il posa alors sa cyclopéenne main sur son ventre rond. À cette vision infernale, la sage-femme sentit son échine se glacer.

 

Il n’y eu bientôt plus que quelques villageois, il ne la regardait pas. Elizabeth laissa son mari passer avant elle avec les enfants, puis discrètement elle prit l’autre sortie de la chapelle.

 

Quelques minutes plus tard, sa famille vint la rejoindre.

 

_ Mais où tu étais passé ? Demanda Adrian. Tu aurais pu venir le saluer ! Il vient de loin et ne connait encore personne…

 

Elizabeth ne répondit pas, comment aurait-elle pu sans risque et de façon crédible expliquer qui il était ? Adrian, la voyant pensive, n’insista pas. Ils allaient partir lorsqu’ils entendirent un cri strident.

 

Non loin du perron, Mary se cramponnait à son ventre. Le travail ne devait pas commencer aussi tôt.

 

Dans l’urgence ils durent l’emmener dans la chapelle, Nathan l’époux de Mary ne rentrant que pour le soir ce fut Suzy sa belle mère qui vint prêter main forte à Elizabeth. Sam ramena la trousse de médecine de sa mère. Les hommes sortirent, laissant les femmes entre elles.

 

 

 

_ Ça va aller ma chérie…

 

Elle avait beau lui broyer la main, Suzy continuait de faire preuve d’une douceur sincère à son égard. Jamais Mary n’eu cru un jour souffrir aussi atrocement, pire que ses premiers saignements, pire que la fois où elle s’était cassée un bras, pire qu’une rage de dent ... Elle avait beau chercher, elle n’avait aucun comparatif valable, chaque contraction lui écrasait et brûlait la chair… Elizabeth, appliquée,  lui assurait de ses grands yeux avoir la situation en main. Pourtant, Mary ne pouvait pleinement chasser la panique qui l’avait envahie à ce douloureux accouchement surprise : d’après Elizabeth, elle devait encore attendre un mois…

 

_ Regarde ma mère et pousse quand elle souffle.

 

Lui dit la petite Sam. Oui ! Peu importe la panique, Mary n’avait pas le choix : elle devait faire le travail jusqu’au bout… Elle calqua une poussée sur le souffle sonore d’Elizabeth… et atteignit un pic de douleur tel qu’elle cru en perdre la tête… Elle ne vit alors pas l’expression sur le visage d’Elizabeth.

 

 

 

Sa tête ne pouvait passer !  Catastrophée, Elizabeth prit sur elle. Que ce fut pour le bébé ou pour la mère, elle devait rester forte. Elle expliqua la situation à Sam.  Sa fille s’éloigna et fit signe à Suzy de venir un instant vers elle :

 

_ La tête est trop grosse... Chuchota-t-elle la voix tremblante.

 

_ Ça veut dire quoi ? Demanda la veille femme, pleine d’appréhension.

 

_ Il va falloir choisir entre le bébé et la mère, on ne peut pas sauver les deux.

 

_ Il le faut ! Ta mère à dit que tout allait bien se passer.

 

Refusant d’admettre l’inévitable, Suzy retourna soutenir sa belle fille. Sam fit signe à sa mère qu’elle ne savait pas quoi faire. Elizabeth lui demanda d’aller dehors.

 

_ Non je veux t’aider…

 

« Va dehors ! » lui exprima t’elle le cœur déjà brisé. L’enfant lui obéit.

 

 Elizabeth n’avait pas le temps d’hésiter, mais elle le fit pourtant… C’était ou la mère ou l’enfant…  Un être innocent plus vulnérable que jamais ou une femme qu’elle connaissait d’avant et suivait depuis neuf mois… Elle n’avait pas le temps… Mary hurlait… Elle choisit la mère. Peut-être parce qu’elle l’entendait crier à présent évacuant une souffrance qu’elle eut elle-même un peu connue, ou qu’elle soupçonnait fortement que l’enfant était déjà mort…  Elle ne se rappela plus par la suite ce qui avait pesé dans la balance…

 

Ce dont elle se souvint, ce fut son regret lorsqu’elle tint le petit être ensanglanté dans ses bras, que Suzy lui pris des mains pour le tendre à sa patiente qui lâcha un cri plus perçant et dément que tout ceux qu’elle avait poussés jusqu’à présent.

 

Un peu plus tard, Elizabeth sortit livide de la chapelle. Alors, elle vit sa silhouette devant le presbytère, et une haine pointue la harponna au ventre. Il se retourna, avant qu’il ne le croise, elle détourna son regard.

 

 

 

_ Ce n’est pas ta faute, Liz, lui dit Adrian en la serrant très tendrement dans ses bras lorsqu’ils furent rentrés chez eux. Le Seigneur donne et le Seigneur reprend.

 

Elle lui fit signe :

 

« Ce n’est pas le Seigneur. C’était le révérend. »

 

_ Le révérend ? Comment il aurait pu faire ça ?

 

Elle n’en avait pas la moindre idée, mais c’était son œuvre, elle le savait.

 

_ Ne dis pas de sottise voyons. C’est un homme de Dieu, jamais il n’aurait fait une chose pareille !

 

Si l’Eternel existait, lui n’était certainement pas son homme. Cependant,  pour sa propre sécurité, elle ne pouvait en dire plus à Adrian. Elle n’en reparla pas du reste de la journée, mais ne fit qu’y penser.

 

Au bébé, à son petit crane, aux cris de Mary… et à lui. Etait-Il était venu la chercher ? Ou était-il simplement venu se venger ?

 

Comment avait-il pu survivre ? Dans un sens, il n’avait jamais été un individu ordinaire, il avait toujours possédé des ressources insoupçonnées... Plusieurs fois, elle espéra être simplement en train de faire un cauchemar, mais la réalité tangible était bel et bien autour d’elle.

 

La dernière fois qu’elle l’avait revu, il avait gagné en endurance. Ce matin, à sa manière de déclamer, elle comprit qu’il y avait eu un changement profond en luiIl semblait avoir acquis une aura nouvelle, plus puissante, plus glaciale...

 

Elle ne s’apaisa vraiment que le soir, lorsqu’elle borda sa fille.

 

« Si Jésus est revenu après être mort, est-ce que ça ne serait pas possible pour le bébé de Mary ? »

 

Sa mère fit non de la tête. Sam soupira, elle s’attendait à cette réponse.

 

« Tu peux me peindre le visage ? »

 

Elizabeth caressa du bout de ses doigts le petit visage de son trésor. La résilience de sa fille l’impressionnait…

 

« Je ne sais pas ou j’en serais aujourd’hui sans toi, ma petite Sam » Pensa Elizabeth, apaisée par le sommeille de sa fille. La jeune mère partit se coucher.

 

Une fois qu’elle fut au lit, Adrian l’embrassa sur la tempe et l’enlaça. Elle ferma les yeux.

 

« Tu dois reprendre des forces… » Elle s’endormit.

 

Le champ de blé en face de chez eux faisait des vagues sous les caresses du vent, on aurait dit l’océan… D’ailleurs, les épis se brisèrent en eau, couvrant la terre d’un liquide « dégueulasse » humant le sang pourri. Les pleurs d’un bébé résonnèrent dans toute la vallée. Elle accouru pour l’aider, mais le sol étant trop marécageux, chaque pas lui demandait un effort surhumain et à chaque fois, ses pieds s’engluaient encore plus dans la boue.

 

Le vent s’éleva, émettant un crépitement des plus étranges. Il emporta des feuilles mortes : l’une d’entre elle se colla à sa nuque, là ou elle avait ses deux grains de beauté. Elle essaya de l’arracher, mais la feuille se colla à sa peau… La feuille s’enfonça dans sa chair… Et le vent crépitait de plus en plus fort…

 

Elizabeth se réveilla.

 

Elle toucha sa nuque… Les grains de beauté n’étaient plus là, il n’y avait plus qu’à la place la cicatrice qu’elle s’était faite avec une lame rougie il y a six ans. Par contre, le crépitement du feu, lui, était bien réel, et également les lueurs dansant dans sa chambre. Au dehors, on incendiait la réserve de bois. Elle se leva, alla à la fenêtre et évita de peu un coup de feu qui éclata la vitre. Adrian se leva en sursaut.

 

_ Viens ici, salope !

 

Hurla Nathan, l’époux de Mary, depuis la cour extérieur. Adrian se précipita vers Elizabeth qui s’était blottie contre un mur.

 

_ Calme toi, Nathan ! Cria t-il. Elizabeth n’y est pour rien ! Elle à fait ça pour sauver ta femme !

 

Nathan brisa un autre carreau de la fenêtre.

 

_ Tu sais ce qu’elle à fait ta femme ? Ta salope de muette ? …

 

Il tira encore. Un autre coup retentit, mais cette fois-ci, il venait de la chambre de Matthew. Adrian s’y rendit rapidement tout en évitant d’être à porté de vue. C’était bel et bien son fils qui avait contre attaqué, planqué sous sa fenêtre. Une balle vint de l’extérieur frapper un meuble. Adrian s’accroupit contre son garçon et lui prit le fusil des mains.

 

_ Nathan ! Laisse mon fils ! On peut parler de tout ça en gens civilisés !

 

_ J’ai rien contre lui, Adrian ! Je suis ici pour ta femme ! Elle doit être punie pour ses péchés. Faut la brûler sur un bucher !

 

_ Sois raisonnable, Nathan ! Je partage ton chagrin, crois-moi ! J’ai aussi perdu quelqu’un que j’aimais, tu te souviens ? Le chagrin te fait perdre la tête ! Mais crois-moi, ta douleur s’effacera comme s’est effacée la mienne !

 

_ Je pourrai l’accepter facilement quand cette meurtrière de muette sera sur le bucher ! Je réclame justice ! Tu sais ce qu’elle à fait, Adrian ? Elle à tué mon bébé ! Avant qu’il ait pu être baptisé, elle l’a assassiné !

 

Il se mit à pleurer.

 

_Que va-t-il lui arriver maintenant ? Tu crois qu’il va trouver le salut ?...

 

Je l’ai vu… Son cerveau était en bouillie… Ta femme lui a écrasé le crane. Elle lui à ouvert le crane ! Elle devrait aller en enfer pour ça !

 

_ Assez !

 

Somma –t-il de sa voix autoritaire. Joanna leva discrètement sa tête, il s’était ramené à cheval jusqu’ici.

 

_ Elle appartient à l’enfer mon père !

 

Cria Nathan désespéré.

 

_ Vous avez beaucoup souffert… Mais c’est le whisky qui parle à présent !

 

D’un pas doux Il alla parler à Nathan, la main tendue comme s’il calmait une bête furieuse. Le volume de leur conversation étant devenu normal elle ne pouvait clairement entendre ce qu’il lui disait. Avec dégout elle le vit jouer les saints. Il lui saisit fraternellement l’épaule, le pauvre homme pleura dans ses bras.

 

Adrian entra prestement dans la chambre.

 

_ Tu n’es pas blessée? Demanda-t-il anxieux à sa femme.

 

 « Non. Il faut que tu chasse le révérend ! » Lui exprima-t-elle rongée par la panique.

 

_ Il est simplement venu nous aider... Souligna-t-il agacé par l’irrationalité de son épouse. Il mit son pantalon et partit éteindre le feu.

 

Elle se décida à l’observer, elle avait deviné qu’il comptait gagner la confiance de son entourage, cependant surveiller ses faits et gestes n’en était pas moins une question de vie ou de mort. Elle le vit raccompagna Nathan à sa monture, et revenir aider son mari et Matthew.

 

Il vida un seau d’eau dans le feu, il sembla sentir peser sur lui son attention. Le prêcheur redressa sa tête et son regard glacé _ malgré les flammes s’y reflétant_ croisa celui d’Elizabeth. A cet échange elle devint nauséeuse.

 

Il retourna à sa tâche et ne fit rien de suspect. De temps à autre dès qu’il savait que ni Adrian ni Matthew ne pouvaient le surprendre il la jaugeait à nouveau. Chaque regard qu’il posait sur elle à la dérobée torturait les entrailles d’Elizabeth. Elle resta droite et digne jusqu’au bout. On aurait pu croire qu’il s’agissait d’un combat de coq : en réalité elle était bien plus terrifiée de ne pas savoir ce qu’il faisait que d’avoir à se montrer à lui.

 

Ils achevèrent d’éteindre l’incendie sur la réserve de bois, Adrian sembla inviter le révérend à rentrer. Elizabeth s’était préparée mentalement à se qu’il fasse ça : piétiner son intimité.  Ils se dirigèrent les trois dans la maison. Elizabeth sortit de sa chambre, alla dans le couloir et les entendit entrer dans la cuisine.

 

_... c’est du fait maison vous m’en direz des nouvelles !

 

Fit enthousiaste Adrian malgré sa fatigue.

 

Elle devait aller le voir, elle n’en avait pas la moindre envie, mais elle devait le faire. Lorsqu’elle entendit la porte de la cuisine se refermer elle descendit à pas de loup se mettre contre la cloison. Elle constata alors que la porte était restée à peine ouverte, un jeu de quelques centimètres.  C’était lui qui l’avait poussée. Elle savait qu’il savait qu’elle était là. Elle regarda discrètement à travers la fente. Adrian servit deux verres.

 

_ Je peux en avoir un aussi ? Demanda Matthew.

 

_ Tu n’es pas assez grand. Lui répondit son père.

 

_ Pourquoi être si dur avec ce garçon. Il a su montrer qu’il savait manier une carabine, cela fait de lui un adulte. Intervint-il avec son mélange de calme et d’imposant charisme.

 

_ Ma femme n’aime pas trop qu’il touche des armes.

 

_ Il est pourtant naturel pour un jeune homme de vouloir protéger sa famille. Puis-je offrir mon verre à Matthew ?

 

Adrian poli et respectueux de cette figure d’autorité ne dit rien lorsqu’il tendit son verre au garçon.

 

Il imaginait qu’elle allait débarquer dans la pièce parce qu’il pu encanailler son beau fils d’une goute d’alcool? Il sous estimait Adrian, il ne le laisserait pas aller plus loin. Elizabeth s’en voulu toutefois, Matthew gardait certes une distance intuitive _ il était assez clairvoyant sur les gens _ mais elle craignit qu’il le ne le séduise par cette manœuvre. L’adolescent gouta et lorsque les quelques goutes du liquides brulèrent l’intérieur de sa gorge il toussa, ce qui fit rire son père.

 

_ Il est temps de retourner au lit Matthew.

 

_ Papa !

 

_ Vas-y.

 

Matthew pris congé et le salua intimidé d’un hochement de tête respectueux. Quand il sortit Elizabeth se cacha dans l’angle du mur et de la cloison, épuisé le garçon oublia de fermer la porte derrière lui.

 

_ Rien de tout ceci ne serait arrivé si le bébé était né en bonne santé. Attaqua-t-il posément.

 

Adrian fut choqué et tenta de justifier troublé :

 

_ Mais, Liz ne pouvait rien y faire…

 

_ Elle a décidé qui devait vivre et qui devait mourir. C’est à Dieu seul qu’il incombe ce droit. Pourquoi ne lui a-t-elle pas laissé ce choix ?

 

Si Liz était mal perçue par lui son avenir dans la communauté serait compromit. Adrian jugeant son interlocuteur généreux, il pensa que si elle prenait le courage de s’expliquer il la comprendrait.

 

_ Peut-être je devrais aller la chercher…

 

Il alla monter à l’étage, les laissant seuls. C’était au dessus des forces d’Elizabeth de le revoir frontalement d’aussi près. Elle longea la cloison jusqu’à s’adosser tout près de l’entrée de la cuisine.

 

_ Pourquoi as-tu choisi la femme plutôt que le garçon Joanna ?

 

Demanda-t-il depuis l’autre pièce à la fois avec sang froid et reproche. « Joanna », cela faisait six ans qu’Elizabeth n’avait pas été apostrophée par son ancien prénom. Son statu passé remonta dans son esprit non plus comme un mauvais spectre, mais comme une réalité tangible. Elle était de nouveau l’ancienne elle : impuissante et cernée.

 

_  Je comprends le langage des signes tu sais. Tu peux venir.

 

Son « tu peux » sonna comme un « tu dois ». Elle ne bougea pas. Il n’arriverait pas à la faire culpabiliser pour le bébé, elle savait qui était le responsable. Il continua d’un ton plus perçant :

 

_ Pourquoi le doute s’empare t-il ton cœur ? Pourquoi dors-tu si mal la nuit ? Que ressent-on quand on est une meurtrière ? Elizabeth repris un grain de hargne dans son cœur épouvanté : ses nuits étaient parfois écourtées, mais ce n’était pas pour ce qu’elle avait du faire.

 

Tu ne veux pas venir t’expliquer n’est-ce pas ?... J’ai vu ta fille l’autre jour. _ Elizabeth sentit ses trippes se nouer _ Tu t’accrochais à elle. Tu aime cette famille Joanna…

 

                Lorsqu’Adrian descendit il posa successivement un regard sur sa femme et sur le révérend, son instinct lui fit éclater la vérité à la figure. Certes à l’évidence il venait d’interrompre une conversation, mais surtout, ces deux là se connaissaient depuis longtemps, comment ne l’avait-il pas comprit plus tôt ? Aux yeux brillants d’Elizabeth il su que cet homme venait tout juste de tourmenter sa femme, et s’en voulut infiniment de l’avoir laissé pénétrer chez eux. Prudent, il décida de ne rien montrer de sa révélation, ce qu’il parvint à faire avec une cordialité habile.

 

_  Ah ! Tu es là Liz ! Mon père voulez vous encore prendre un autre verre ?

 

_ Non, je dois y aller. S’il vous plaît accorder le pardon à Nathan pour ce qu’il vous a fait. Perdre un enfant est la pire épreuve que l’on peut imposer à n’importe quel parent. C’est ce dont je parlais avec votre femme.

 

Sur ces belles paroles le révérend passa la porte, quand il arriva au niveau d’Elizabeth d’un pas régulier et naturel elle du prendre sur elle pour ne pas s’éloigner spontanément de lui et se montrer plus faible qu’elle ne l’était déjà. Elle sentit que lui aussi dut se concentrer afin de rester naturel. Adrian le raccompagna poliment jusqu’à la sortie. Quand il fut de retour il regarda sa femme droit dans les yeux :

 

_ Tu connais cet homme ?

 

Elizabeth lui fit signe de se taire. Elle se rapprocha prudemment de la fenêtre, elle le vit au loin prendre son cheval, puis s’enfoncer dans le noir nocturne pour y disparaitre.

 

_ Liz, explique-moi ce qu’il se passe. Qu’est-ce qu’il t’a dit ?

 

Il n’y avait aucun reproche dans la voix de son époux, juste une volonté de comprendre. Elizabeth le scruta, Adrian était foncièrement bon, mais avant tout aimant. Si elle lui disait ne serait-ce qu’un quart de la vérité, elle savait pertinemment ce qu’il tenterait de faire, et il était hors de question qu’elle prenne le risque de le perdre.

 

« Mon amour me fais tu confiance ? » Lui exprima-t-elle.

 

_ Bien sur que je te fais confiance.

 

«  Ce pasteur  il est très dangereux. Il faut se méfier de lui. »

 

_ D’où tu connais cet homme ?

 

« Je te promet de l’expliquer un jour mais pas ce soir. »

 

_ Liz… Si cet homme t’as fais du mal, j’ai le droit de le savoir.

 

«  Je t’en parlerais plus tard. Pas ce soir. Promet moi de l’éviter. »

 

_ Il t’a menacée ?... C’est à cause de lui que tu dors mal ?

 

Malgré sa contenance la colère pointait dans sa voix.

 

« Non. »  Mentit-elle. « Mais promet moi que toi et les enfants l’éviteront ! »

 

_  Je te promets de l’éviter, mais tu es certaine de ne pas vouloir m’expliquer qui est cet homme ?

 

« Je ne t’en dirai pas plus, tu dois me faire confiance. »

 

Adrian soupira, il la connaissait, il savait qu’elle ne cracherait pas le morceau maintenant.

 

_  Bien… Je ne laisserai plus entrer à la maison, je dirais aux enfants de ne pas s’approcher de lui. Je vais trouver des gens pour s’occuper des bêtes, et l’on va partir quelques jours chez mon père le temps que ça se tasse. Allez, viens te coucher ma chérie.

 

Cette nuit Elizabeth pu s’endormir seulement parce qu’elle fut blottie contre son mari : écouter les battements de son cœur la rassurait.

 

 

 

Les jours qui suivirent rien d’inquiétant n’arriva. Adrian avait trouvé des gens pour garder les bêtes pour la fin de la semaine. Elizabeth restait sur ses gardes, quel que furent ses objectifs, l’accalmie actuelle annonçait une tempête. Matthew la supportait de moins en moins, il ne comprenait pas sa tension constante et ses refus de le laisser partir trop loin se promener.

 

_ Peut-être que si tu me laissant prendre un fusil, tu te sentirais pas obligée d’être aussi chiante !

 

Il craignit un instant d’être allé trop loin et à son grand étonnement sa belle mère l’autorisa à nouveau à s’entrainer au tir.

 

Mercredi elle partit avec Sam voir la petite fille des Aimard. Pouvoir contempler à nouveau le bébé qu’elle avait accouché samedi, et reprendre son rôle, redonna un peu de lumière dans son quotidien assombrit.

 

Elles furent accueillies par Sean qui alla sur sa terrasse dès qu’il les vit arriver.

 

_ Tout va bien. Ne vous en faite pas, ne perdez pas votre temps ici. Dit-il froidement.

 

Elizabeth surprise fit des signes à sa fille.

 

_ Nous voudrions nous en assurer par nous même. Reporta Sam.

 

_ Un médecin prend en charge le bébé maintenant. Vous pouvez partir. Déclara-t-il d’un air méfiant si ce n’est agressif.

 

Elizabeth garda un semi sourire poli et repartit.

 

Que croyait-elle ? Qu’ici les gens étaient vraiment moins manipulables qu’ailleurs ?

 

C’était lui. Il était passé les voir ! Les Aimard la connaissaient bien. Elle avait accompagné ce couple pendant neuf mois jusqu’à l’accouchement, et il lui avait suffit de quelques jours pour la discréditer. Mais après tout quel poids social pesait-elle face à un représentant de l’ordre moral ?

 

De la même façon, il avait sans doute méthodiquement galvanisé la rancœur de Nathan, le poussant à l’attaquer.

 

En passant devant la ferme en travaux personne ne la salua, Sam fit un signe aux façonniers en vain.  La rumeur eut pu suffire à elle seule, si Elizabeth eut été une nouvelle venue. Elle le voyait très bien _ juste pour l’atteindre _ faire le tour de toutes les familles influentes prétextant leur rendre un service, puis enclencher une sainte conversation qui finira par inévitablement dévier sur elle. Par le passé elle avait déjà connu la tragédie de privilégier la vie d’une mère, les choses ne s’étaient pas passées ainsi.

 

« Une communauté dans un environnement serein n’est jamais qu’une meute en veille, il suffit d’un soupçon de menace pour le voir. » Songea Elizabeth amer.

 

Sentant le désarroi de sa mère Sam fit un « câlin front » contre le bras de cette dernière.

 

Elizabeth sentit le réconfort se lover en son sein, elle remercia sa fille d’une brève accolade. Cet acte positif lui rappela qu’il ne servait à rien de s’affliger de ce qu’elle savait déjà. De plus, du groupe irresponsable elle en avait déjà fait partie sans le vouloir. Elle focalisa donc son attention sur la beauté de sa route qui longeait les prairies rases, en contrebas de la colline rugueuse, couvertes à foison d’ombres et formes organiques.

 

 

 

La rivière lie le vent le vent lie la rivière… Dans le foutoir de mes songes ces paroles me reviennent encore des fois, dans le désordre.

 

 

 

Ses sabots étaient roses pale, aussi pastel que toute sa fine peau couverte de vermeil, il les tenait cabrées, il avait du gesticuler hors du ventre chaud de sa mère.

 

Matthew vint délicatement enlever la paille qui couvrait la tête du petit cadavre et pleura. Hier soir encore il avait rentrés les moutons, et ce matin tous, absolument tous étaient éventrés. Lorsqu’il les avait vus il avait appelé son père. Ce dernier précéda sa belle mère qui avait couru jusqu’à la grange. Tous les trois contemplaient cette tuerie gratuite, car les mouches dansaient sur les macchabés déjà rigides des bêtes. Ça aurait pu être tout aussi bien directement lui que Nathan suivit de proches mécontents.

 

Elizabeth eut beau essayer de l’en dissuader Adrian décida d’aller voir Nathan pour tirer cette histoire au clair, il prit son fusil avec lui au cas où. Il partit à cheval. Matthew profita que sa jolie marâtre soit occupée avec Sam, pour prendre la jument et partir rejoindre son père qu’il ne voulait pas laisser affronter seul l’adversité.

 

Elizabeth alla voir Sam qui jouait dans le jardin, elle ne voulait pas que sa fille voit les cadavres qu’elle devait enterrer, elle lui proposa donc de jouer à un jeu. Elle lui mit un bandeau sur les yeux et la fit chanter.

 

Elle retourna au fenil et se mit péniblement à réunir les corps en les tirants par les pattes, lorsqu’inopinément, le bruit lourd de la porte grange que l’on referma résonna. Elizabeth se maudit infiniment d’avoir été aussi stupide.  Elle se jeta sur la porte, évidement il lui était impossible de l’ouvrir depuis l’intérieur.

 

_ Tu n’y arriveras pas.

 

Souffla-t-il de l’autre coté.  Non loin d’elle, elle perçut son ombre... Elle hésita, serra ses dents et s’approcha regarder entre les battants, même en y étant préparée, elle eut un choc de le voir si proche. Ses pupilles pointaient impitoyablement les siennes. Elle se trouvait tel le plus inapte des gibiers : tenue en cage par lui chez elle. Une brise transporta son odeur _ qu’elle trouvait abominablement rêche _  jusqu’à elle. Elle en tressaillit d’effroi.

 

_  Je constate qu’avec des planches cette distance là devient tolérable. La nargua-t-il placidement.

 

Elizabeth foutu un violent coup de pied dans la porte, sa face auguste ne tiqua même pas.

 

_  As-tu une idée de pourquoi je suis venu jusqu’ici ? Il marqua une pause ironique et compléta suintant de haine. Je suis venu ici pour te punir.

 

Il s’éloigna, elle le vit de dos s’avancer _ ses entrailles s’en glacèrent_ vers Sam. Il se mit à chanter de sa voix la plus douce en même temps qu’elle. Elizabeth martela le panneau de coups. Hélas ! Soit sa fille ne l’entendait pas, soit elle pensait qu’il s’agissait des mystérieux travaux dans la grange. Il se pencha vers elle et abaissa doucement son bandeau. Le désir de meurtre fit bouillonner tous les sens de la jeune mère. Sam paru sur ses gardes, elle baissait la tête et évitait son regard. Il lui parla apparemment très gentiment, elle releva son petit visage et lui sourit. Frôlant la crise de nerf Elizabeth le vit caresser son front. Elle tira démente la porte, en vain… Elle saisit une tenaille pour essayer de soulever la poutre qui scellait l’entrée à l’horizontale depuis l’extérieur, l’outil ne passait pas au travers des planches… De toute façon le poids eut été trop lourd à soulever avec cette méthode…

 

Il se releva prit la main de Sam et partit avec elle. Sa mère le cerveau gonflé par l’adrénaline, chercha une solution autour d’elle. Elle vit l’une des fenêtres de la grange, située presque à trois mètre de hauteur. Elle empila deux tabourets l’un sur l’autre, elle pourrait prévenir sa fille en cassant la fenêtre, au pire elle s’accrocherait et sauterait, c’était un coup à se briser les deux jambes, cependant elle n’y pensait pas... Elle saisit la tenaille, grimpa. Les tabourets tremblèrent. Elle leva le bras pour briser la vitre, elle ne put avoir le temps de mieux s’équilibrer que les sièges tombèrent l’un sur l’autre emportant Elizabeth dans leur chute. Le choc du sol contre sa tête l’assomma.

 

_ Liz ! Liz ou es tu ?

 

Elizabeth rouvrit les yeux elle entendit Adrian l’appeler inquiet. Elle eut quelques secondes d’errance dans son esprit et fut soudain foudroyée par sa mémoire. Elle se releva brutalement, et accourut chancelante hors de la grange qui était de nouveau ouverte.

 

_ Liz !

 

S’exclama Adrian lorsqu’il la croisa courir en urgence dans la cour.

 

« Sam ! »Lui fit-elle en signe. Adrian clairement contaminé par sa frayeur  se mit à appeler sa fille et la chercher avec Matthew. Elizabeth se précipita dans la maison, monta comme une flèche à l’étage, alla dans la chambre de Sam… Elle n’y était pas !... Elle couru en direction de sa chambre à elle…

 

_ Elle est là !

 

Hurla Matthew depuis l’extérieur. Elizabeth envahie d’un immense soulagement accouru retrouver sa fille dehors. Sa famille était dans le jardin. Adrian portait Sam :

 

_ Où étais tu passée ? Ta maman se faisait du sang…

 

Avant qu’il ne finisse sa phrase Elizabeth se jeta sur eux et les serra dans ses bras.

 

_ Calme toi ma chérie c’est fini…

 

Elizabeth se rendit alors compte que ses joues étaient tapissées de larmes. Elle se retira. Elle regarda de haut en bas sa fille : elle n’avait rien.

 

«  Tu vas bien ? »

 

_ Oui. Fit la fillette étonnée.

 

« Que te voulait le révérend ? » Demanda-t-elle à sa fille. Adrian eut lui aussi la sensation que ses tripes se glaçaient. Sam pour toute réponse dit trop sérieusement :

 

_ Je n’ai pas vu le révérend.

 

Adrian chercha à la faire plus parler, mais Sam maintint son mensonge. Elizabeth devina qu’elle ne voulait pas lui parler devant son père, elle fit signe à son mari de la laisser. Ils rentrèrent tous ensemble chez eux. Adrian expliqua à sa femme qu’une fois chez Nathan ils ne virent personne, il semblait que toute la famille soit partit quelque part.

 

_ Et toi as-tu quelque chose à me raconter ? L’interrogea-t-il d’un ton qui exigeait une conversation confidentielle.

 

Elizabeth demanda à Matthew de jouer avec sa petite sœur dans sa chambre. Les diverses situations de la journée avaient été suffisamment stressante pour qu’il lui obéisse sans suivre son principe de protester à tous ses ordres.

 

Elle raconta à Adrian se qu’il s’était passé. Il fut très tenté de reprendre immédiatement sa carabine et de filer au presbytère.

 

« Et pour y faire quoi ? Tu vas le menacer ? Le tuer ? Je n’ai aucune preuve de ce que j’avance ! Ce sera ma parole contre la sienne ! Il n’a apparemment rien fait à Sam. Il prétendra juste lui avoir tenue compagnie dire que je l’avais abandonnée.» Le sapa Elizabeth.

 

_ Comment tu connais cet homme ? Pourquoi te veut-il du mal ?

 

La veille elle avait déjà brodé en esprit son mensonge crédible : elle lui raconta une histoire simple liée à son ancien travail. Elle remodela complètement ce qui la liait à lui, et renforça la cohérence de son récit en affirmant que son étrange cicatrice venait de lui. Elle s’étonna elle-même de la légèreté de son mensonge comparé aux véritables faits. Au vu de la réaction épidermique d’Adrian, elle su qu’elle avait bien fait d’occulter la sordide vérité. Elle usa de trésors de tendresse et de raisonnement :

 

« Tu ne peux pas te battre avec le révérend ! C’est ce qu’il veut : que l’on vienne à lui, il veut nous discréditer. »

 

Elle ne parvint qu’à relativement l’apaiser en lui rappelant qu’ils pouvaient dès demain partir chez son père, étant donné qu’il n’y avait plus de bêtes à garder. Adrian finit par être convaincu que la distance était la première tactique à adopter. Pour Elizabeth, ce fut un gain de temps pour son propre plan.

 

 

 

«  De quoi le révérend t’a t’il parlé ? »

 

Elizabeth venait de coucher sa fille, et savait que maintenant qu’elles étaient seules elle oserait se confier à elle. Sam semblait tentée de lui répondre, mais noya son impulsion dans un silence grave.

 

« Il t’a parlé de moi ? »

 

La fillette baissa ses yeux, réfléchit et lui demanda :

 

_ Maman est-ce qu’un pasteur peut t’envoyer en enfer ?

 

« Pourquoi tu me demande ça ? »

 

_ Le révérend, il m’a dit qu’il t’enverrait en enfer parce que tu avais tué quelqu’un.

 

« Non il t’a mentie. Pourquoi tu nous as dis que tu ne l’avais pas vu ? »

 

Pour toute réponse la petite eut la mine renfrognée de celle qui pensait avoir fait une grosse sottise, ce qui serra effroyablement le cœur de sa mère.

 

« Le révérend t’as fais quelque chose ? » Lui demanda-t-elle le regard plein de douceur, dans un souci de ne pas la brusquer.

 

_ On s’est promenés dans les bois.

 

« C’est tout ? »

 

_ Oui. Il m’a dit que tu avais tué quelqu’un. C’est vrai ?

 

« Non c’est faux ma chérie. Papa t’as dit de ne pas t’approcher de lui. Cet homme est dangereux.  »

 

_ Pourtant il était gentil…

 

« Il fait semblant de l’être. Il fait comme le loup de l’histoire que Matthew t’a raconté. La preuve il t’a mentie. Il nous veut beaucoup de mal.»

 

_ Pourquoi il nous veut du mal ?

 

«  Parce que c’est une mauvaise personne. Ne t’approche jamais de lui. S’il cherche à t’emmener quelque part appel moi et cours te cacher, tu me le promets mon trésor ? »

 

_ Oui maman.

 

« Pourquoi ne voulais-tu pas parler devant papa ? »

 

_ Il a dit que papa ne t’aimerait plus, si il savait que tu étais une tueuse.

 

Elizabeth sentit cette ancienne peur du rejet de son époux resurgir en elle, cependant pas pour cette raison citée… Elle tacha d’être objective : jamais Adrian ne lui en voudrait de ce qu’elle n’avait pu empêcher.

 

« Ton père m’aimera quoiqu’il arrive ! Tu peux tout dire devant ton père, jamais il ne m’abandonne ra d’accord ? » La fillette acquiesça. « De quoi d’autres avez-vous parlés ? »

 

_ Il m’a apprit des chansons sur Jésus…

 

« Je suis contente que tu m’en aies parlé. Maintenant dors mon trésor. »

 

 

 

Ce soir là, Elizabeth se coucha, ferma les yeux, ne dormit pas, et ne somnola pas. Une fois qu’Adrian fut endormit, elle se leva. Elle avait pris sa décision dès cet après midi.

 

Il voulait qu’elle vienne à lui ? Elle irait !

 

Elle devait faire seule ce qu’elle aurait du faire à l’instant même ou elle l’avait revu, à savoir : le tuer. Pour plusieurs raisons. L’une d’entre elle étant qu’elle avait peut-être un avantage sur lui. Peut-être… De toute façon elle n’avait pas le choix, personne dans son entourage ne pouvait le vaincre. Et si elle n’y arrivait pas, au moins elle serait sa seule victime.

 

Armée d’une lame aiguisée, elle grimpa sur Romuald et le fit partir au galop.

 

Une fois qu’elle eut le presbytère en vu, elle arrêta sa monture, l’accrocha à une poutre, et d’une caresse le somma de rester calme. La lune était presque pleine, des cumulus trainaient dans le ciel mais aucun pour le moment n’obstruaient sa lumière bleutée.

 

Elle grelottait, pas seulement à cause du froid. La chapelle était grande ouverte, il l’attendait. Lors de cet entrevu l’un d’entre eux achèverait sa dernière nuit sur cette terre. Elle serra sa lame s’en blanchissant les phalanges. Elle entra dans l’édifice religieux, elle était persuadée qu’il trônerait devant l’autel, personne ne s’y trouvait. Dans la pénombre elle traversa la nef, la hargne de détruire et la peur la gagnant de plus en plus à chaque pas. Elle pénétra prudemment dans le presbytère. Elle se déplaça dans la maison prête à trancher à vif à tout instant, scrutant chaque zone d’ombre comme une potentielle cachette, dans sa fouille lente et concentrée elle finit par atteindre sa chambre.

 

Il dormait ? Elle vit sa silhouette cachée sous un drap. Elle regarda derrière elle, rien ni personne ne s’y tenait tapit prêt à la piéger. Lui il aurait simplement oublié de fermer sa chapelle ? Ou finalement il était de la trempe de ceux qui veulent en finir…

 

Elle alla très lentement jusqu’au lit, dressa son couteau, retira brusquement la couverture... Et vit des coussins sur lesquels trônait une poupée en chiffon qu’elle reconnut.

 

 

 

Il l’avait vu cette Juda partir, elle avait agit comme prévu. Il rentra chez eux. Leur maison n’était pas grande. Il marchait dans chaque pièce s’imprégnant des odeurs. Ça sentait la vie là dedans.

 

Il monta à l’étage et trouva la chambre de Sam. Elle dormait … Il la fixa un long moment son couteau en main. Il alla dans leur chambre …

 

 

 

Liz pleurait à chaude larme elle ne pouvait pas dormir. Elle se grattait la nuque jusqu’au sang.

 

« Arrêtes ça, tu vas saigner ! » S’écria Adrian.

 

« C’est répugnant ! C’est répugnant !» Elle parlait avec sa voix, son timbre était juvénile.

 

« Le problème ce n’est pas ma brulure, c’est ce qu’il y a dessous ! »

 

Adrian voulu lui demander à quoi sa femme faisait allusion, soudain il se réveilla. Il lui fallu un instant pour comprendre qu’avant il rêvait et que dans son véritable lit son épouse n’était plus là.

 

Il se leva. Sans y réfléchir il eut peur pour ses enfants, il alla dans leur chambre, Matthew autant que Sam dormaient profondément. Mais ou était Liz ?

 

Il vit depuis la fenêtre que la grange était faiblement allumée de l’intérieur. Il prit son fusil de ses mains moites et se rendit là bas. Quelqu’un avait bien allumé la lampe, il s’avança…

 

Un craquement se fit entendre, Adrian se retourna, il était juste là. Avant même qu’il n’eut pu crier de surprise, il lui enfonça violement son poignard dans le ventre.

 

_ Pourquoi ? Demanda simplement Adrian.

 

_ Parce qu’elle vous aime. Chuchota-t-il haineux.  Il retourna sauvagement son couteau dans ses entrailles faisait endurer une infâme souffrance à Adrian comme jamais il n’eut cru un jour souffrir.

 

 

 

Quand Elizabeth arriva elle descendit de son cheval d’un bon, prête à se précipiter dans sa maison, puis, elle remarqua que sur la porte d’entrée s’y réfléchissait une lueur. Elle fit aussitôt vole face, et vit au loin dans la grange éclairée : Adrian avachi jambes écartés et bras pendants tel un pantin,  il était couvert de sang. Il ne bougeait pas. Adrian avait une corde autour de son cou l’étranglant en l’attachant à la cage à foin…Elizabeth s’avança le cœur battant à frôler l’implosion, l’esprit totalement statufié par l’horreur.  Adrian n’avait pas une corde autour de son cou…

 

Elizabeth se pencha sur son amour étranglé par son propre intestin. Il bougea la sortant de sa torpeur par un magnifique espoir qui ne dura qu’une fraction de seconde ; le laps de temps qu’il fallu à sa logique pour évaluer l’irrévocable issu de la situation. Faisant œuvre d’un effort dantesque, il articula de façon hachée :

 

_ Liz… Tu n’as rien ?

 

Elle fit non de la tête. Il posa sa main ensanglantée sur son poignet.

 

_ C’était lui… Pars…

 

Et il ajouta en la fixant intensément :

 

_ Prends mon fusil derrière… Achève-moi mon amour…

 

Juste en face de lui, dans une marre de sang, baignait son arme qui ne lui avait pas sauvée la vie.

 

Elizabeth refusa, elle avait beau savoir qu’il n’y avait plus aucun espoir ses sentiment prirent le pas sur son sens du rationnel. Pas lui ! Elle ne pouvait tuer Adrian, elle ne pouvait lui dire adieu ! C’était impossible !

 

_ Papa ?

 

Demanda la voix tremblante Matthew qui venait d’entrer et n’avait jamais autant ressemblé à un enfant chétif qu’à cet instant.

 

_ Matthew, tue-moi.

 

Le garçon alla saisir le fusil. Déchirée Elizabeth embrassa tendrement son époux. Elle se posa à coté de son beau fils, et échangea un regard démuni avec lui. Elle lu sur son visage dégoulinant de larme qu’il tenait à le faire. Matthew mit en joute son père, les deux se contemplèrent profondément.

 

_ Amène les chez grand-père. Fut l’ultime requête d’Adrian.

 

Son fils lui tira une balle en pleine tête, mettant un terme à sa longue agonie.

 

C’est alors que des séries de crépitements et frémissements se firent entendre. Instinctivement Elizabeth et Matthew talonnèrent pour voir ce qu’il se passait. Leur maison brulait.

 

_ Maman !

 

Hurla dans la cour la petite Sam. Elizabeth accouru à sa fille et l’attrapa dans ses bras.

 

_ C’est le révérend qui m’a réveillée…

 

Expliqua la petite. Il trainait donc encore dans les parages. Elizabeth fit signe à Matthew qu’il ramène la voiture, ce qu’il fit prestement. La petite famille s’engouffra dans le véhicule, Elizabeth couvrit sa  fille d’une des couvertures qui servait en cas d’intempéries.

 

_ Ou est papa ?

 

« Ton père est mort » expliqua Elizabeth en pleurs.

 

 Matthew donna trois coups secs à Romuald, l’animal partit en galopant. Elizabeth serrait très fort contre elle sa petite Sam sonnée par la révélation. Avec de la chance ils pourraient arriver chez le grand père en milieu ou fin d’après midi… Avec de la chance, mais surtout beaucoup de pugnacité…

 

 

 

Il les vit partir. Il les laissa prendre de l’avance. Il savait qu’il les rattraperait. Au sol devant la maison brulante il saisit la poupée qu’avait laissé tomber Joanna.

 

« Tu tisseras à ton image, espérant maîtriser ce qu’il y a sous l’image. »

 

Il y a six ans il avait cousu le morceau du loup qu’il avait récupéré sur cet objet.

 

Il contempla le feu. La journée de demain serait longue pour tous.

 

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Voilaaaa, donc si vous voulez savoir la suite faudra regarder Brimstone.

 


Le Bad Coup de Foudre

Ci dessous un essai sur la fascination qu'exerce la pop culture japonaise sur les adolescent français, à été rédigé en 2007 et co-écrit avec Dame Bibi, pour ce faire nous avons notamment essayé de mettre en place un style de narration et de langage très moderne. 

Sur-ce bonne lecture !

 

Résumé : 

Cette histoire ce passe à Besançon (et en partie a Paris) C'est l'histoire de Brendonna, une jeune fille courageuse et très belle, car blonde au yeux vert, Elle est complètement fan de Visual Kai et surtout de Gazetto, et surtout de Aoi, et surtout et encore plus de Reita (qu'est trop styler).

Elle a la chance de pouvoir aller à leur concert à Paris en France le vendredi 26 Octobre 2007 vers les 20h00. Elle y rencontre l'homme de sa vie. Mais il lui avoue préféré les hommes et surtout son meilleur ami (en secret) et surtout Reita à qui il aimerais * censured *.

Après avoir découvert sa par la parole de lui-même, elle decida de se servir du meilleur ami de celui-ci qui était gaie ! (^^) Elle va draguer Kimberleur (le meilleur ami de son grand amour qui ne l'aime pas, car il est gay). Ils couchèrent donc ensemble dans la chambre de Brendonna remplie de poster de Gackt-sama et de Mana-sama et aussi de Gazetto et aussi de Dir en grey et aussi de Kagerou et aussi d'autre groupe de visual kai dont elle n'avait pas beaucoup d'information mais qui était très kawaii.

Pendant l'acte, elle lui avoua que en fait elle se shttps://fr.wikipedia.org/wiki/Visual_keiervait de lui pour rendre jaloux son meilleur ami a Kimberleur. Il éjacula tant bien que mal après cette affreuse avouation. Dès le départ de Brendonna il décida de mettre fin à ses jours. Brendonna en fut choquer mais pas plus que l'homme qu'elle aimait mais qui était gay et par dessus tout amoureux de son meilleur ami qui aimait brendonna par dessus tout, lui aussi, mais c'était un secret... Dans les deux cas, pour l'homme de la vie de Brendonna et pour Brendonna pour Kimberleur. [ j'avoue qu'on a du mal à tout suivre nous aussi ]

L'homme de la vie de Brendonna lu la lettre de mort de Kimberleur que lui avait passer Raoul qui avait tout vu et auquel Kimberleur avait dit ses dernière requette avant de mettre fin à ses jours, puis il se suicida.

Brendonna aprennant la mort de l'homme de sa vie en lisant la lettre de mort de celui-ci que Raoul lui avait donner, car il avait tout vu et que l'homme de la vie de Brendonna lui avait fait ses dernière requette avant de se suicider, decida de mettre fin à ses jours après avoir fait ses dernière requette à Raoul qui allait tout voir. Elle lui confia une lettre de mort qu'il devrait donner a ses parents de Brendonna, puis elle mit fin à ses jours en écoutant sa chanson préféré de Gackt-sama qui était très beau, et qui était garden. (fin du résumé)

 

Le bad coup de foudre

 

Cette dramatisante histoire se déroule le soir du concert de Gazette, le vendredi 26 octobre 2007, vers les 18h13. Brendonna une très courageuse et très belle jeune fille, car blonde aux yeux vert, alla au concert avec ses amies qui étaient vingt. Elle y rencontra, l’homme de sa vie, mais elle ne savait pas encore que c’était l’homme de sa vie, mais elle allait bientôt le savoir. Il était lui aussi avec des amis à lui, qui dix de plus étaient. Elle l’avait toujours cru nul, mais vu qu’il était à un concert de Gazette, elle le trouvait beau. Elle courut le voir, et elle lui dit :

 

- Salut ! c’est trop fun que tu soit à un concert de Gazette !

- Toi aussi ! C’est vraiment cool ! Je m’appel Jen… mais tu peux m’appeler Yen-kun, pour les intimes !

 

Elle eu le coup de foudre.

 

- Tu as une petite amie ? Lui questionna t’elle.

- Non, je suis gay et j’aime mon meilleur ami, Kimberleur, mais chut ! c’est un secret.

Le cœur brisé, elle alla voir Kimberleur et lui discuta :

 

- Kimberleur, je t’aime ! fais moi l’amour !

- D’accord. Mais ici c’est pas discret…

 

Il allèrent donc dans la chambre de Brendonna qui était grande, car pas petite. Sa chambre était posterisé de poster de Gackt-sama, Mana-sama, moi dix mois, Kagerou et d’autre groupe sur lequels elle n’avait pas beaucoup d’information, mais qui était trop kawaii. Pendant qu’il faisaient l’amour dans le lit, car par terre c’est trop dur, elle lui avoua tout :

 

- Je t’avoue tout pour ne pas que tu souffre. Je me sert de toi pour me venger de ton meilleur ami qui ma briser le cœur, car il t’aime mais chut ! c’est un secret.

Kimberleur en fut choqué.

- Tu me brise le cœur ! dit-il en éjaculant difficilement. 

Bendonna sortie de sa chambre, puis Kimberleur se suicida. Pendant ce temps au lycée, Yen-kun croisa, Raoul, un ami. Raoul lui dit :

 

- Kimberleur vient de se suicider.

Il désigna une grosse tache rouge en face du lycée.

 

- Vu que j’ai tout vu, Kimberleur ma passer sa lettre de mort pour que je te la passe, pour que tu la passe à ses parents, mais après que je te l’ai passer et que tu l’ai lu.

Yen-kun lut la lettre et sur la lettre il y avait écrit ceci :

 

« Papa, maman et Yen-kun.

 

Je me suicide car la femme de ma vie c’est servi de moi pour briser le cœur de mon meilleur ami, pour qui je suis l’homme de sa vie.

 

Adieu

 

PS : Je suis plus puceau ! »

 

Yen-kun en fut choqué.

 

- Oh mon dieu, mon amour est mort ! J’en suis choqué, dit-il choqué.

Il alla donc mettre fin à ses jours. Puis Brendonna rencontra Raoul qui était son meilleur ami. Raoul lui dit :

 

- Yen-kun vient de mettre fin à ses jours.

Il désigna les deux jambes qu’on voyait se balancer par une fenêtre.

 

- Vu que j’ai tout vu, Yen-kun ma passer sa lettre de mort pour que je te la passe, pour que tu la passe à ses parents, mais après que je te l’ai passer et que tu l’ai lu.

Brendonna ouvrit l’enveloppe de la lettre et la sonnerie de début de cours retentit, mais elle s’en fichait. Sur la lettre il était écrit ceci :

 

« Papa, maman et Brendonna.

 

Je me suicide car l’homme de ma vie qui était mon meilleur ami, qui était l’homme de ma vie, vient de se suicider à cause de la femme de sa vie, qui c’est servie de lui pour se venger de moi, car je suis l’homme de sa vie.

 

Adieu

 

PS : Je suis toujours puceau. »

 

Brendonna avait été choquer d’apprendre la mort de Kimberleur, mais moins que celle de l’homme de sa vie. Quand elle eu fini la lettre la sonnerie de fin des cours retentit pour commencer le cours suivant, mais elle ne voulait pas aller en cours, car c’était chiant et qu’elle avait d’autre projet qu’elle dit à Raoul :

 

- Je suis traumatiser. Je vais me suicider. Tiens, tu passera cette lettre à mes parents.

Puis, elle se suicida. Sur sa lettre, elle avait écrit ceci :

 

« Papa, maman.

 

Je me suicide car j’ai appris que l’homme de ma vie à mit fin à ses jours, à cause de l’homme de sa vie dont je me suis servit de lui, pour me venger de l’homme de ma vie, et l’homme de sa vie, pour lequel j’était la femme de sa vie c’est suicider car je lui ai avouer que je me servait de lui pour me venger de l’homme de ma vie.

 

Adieu

 

PS : Je suis enceinte »

 

 

Raoul décida de se suicider, car il était secrètement amoureux de Brendonna, qui était la femme de sa vie. A lui aussi. Il n’écrivit pas de lettre car Yen-kun, Kimberleur et Brendonna étaient ses seuls ami(e)s, donc il n’avait personne à qui faire passer sa lettre à ses parents. Mais de toute façon il était orphelin. Donc, Raoul mit fin à ses jours. Et cette tragédiante histoire prend fin à ce dernier actes, aussi noir et obscure que le noir sombre.


Brendonna : 15 ans              Yen-Kun  : 16 ans                     Kimberler : 16 ans                                 Raoul : 15 ans