Ci-dessous divers extrait de mon travail...

Extrait Tango Charogne

Tango Charogne

Par Annabelle Mathieu

Prologue

La Gamine, Tavernier, L’Eboueur

 

 

Sur la scène se trouve:

Un amas organisé de chaises et de tables, un comptoir,

Derrière lequel se situe un meuble présentant : verres, bouteilles, et autres contenants

Entre les deux derniers mobiliers cités, on peut contempler le Tavernier tout occupé à nettoyer des verres

 

Détail important : sur le comptoir est posée une valise close

Non loin d’elle, La Gamine balaie le sol

L’Eboueur entre et s’installe à une table, personne ne le remarque sauf Orphée lui-même buvant à une table

 

L’Eboueur : Au public_ Oyé Oyé Diverses gens 

Aujourd’hui je vais vous conter une histoire aussi vieille que vous

Il est une fois 

Une vaste terre

Il fut une fois 

La colonisation de cette même terre par deux royaumes différents

L’un appartenait au clan des Valnars

L’autre à celui des Echibs

Familles qui revendiquaient la légitime possession entière du territoire annexé

Par conséquent

Nos deux souverainetés se menaient mutuellement une violente guerre depuis des décennies

Un conflit auquel s’ajoutait la présence envahissante de tribus autochtones

Pour faire simple 

La situation géopolitique était on ne peut plus merdique

En ces temps obscurs où l’amour n’appelait que la vengeance et la haine n’appelait qu’elle Naquirent

Deux enfants dont les astres n’avaient cure

Mais

Que les hommes ne pouvaient ignorer

Il s’agissait :

D’Adam d’Echib et de Rosaline de Valnar

Beaux tourtereaux liés par un amour enflammé

Bon

Titre de l’acte 1

(Il sort le carnet) 

Fin de l’Epilogue

 

(L’Eboueur sort)

 

Acte1 

Scène 1

La Gamine, Tavernier, Les Trois Soldats

Les Trois Soldats entrent

 

Premier Soldat : _ Ola tavernier 

Tu te souviens de nous

Même tarif que l’année dernière trois chambres pour des fidèles soldats de la grande royauté Valnar

 

Tavernier : _ Bonjour

J’vous fais le prix à 20 pièces

 

Premier Soldat : _ Merci mon brave on prendra trois pintes

(Il rejoint ses camarades)

 

Tavernier : A la gamine _ Tu t’en occupes 

Premier Soldat : _ Aah 

Ca fait du bien de poser son cul sur quelque chose de plat après tout ces longs mois à osciller entre la caillasse la boue ou le sable brûlant…

 

Deuxième Soldat : _ Ou la neige…

Troisième Soldat : _ Ou les cadavres…

Premier Soldat : _ Ouais plus souvent les maccabées quand même…

La Gamine : _ Bonjour tenez messieurs…

Troisième Soldat : _ Jolie sauvage t’as pas empoisonné nos verres j’espère 

La Gamine : _ Non

Monsieur

Deuxième Soldat : _ Et à notre défunt Prince  …

Premier Soldat: _ Oui comme toujours à Aron de Valnar

Les Trois Soldats : Trinquent  _ Santé 

Premier Soldat : _ Hé

Tavernier 

Alors comme ça t’engages des sauvages 

T’as pas peur de faire fuir tous les gueux du coin 

 

Tavernier : _ Main d’œuvre docile

 

Troisième Soldat : Rigole _  Il faut dire qu’on les a bien matés ces peaux sombres…

Les gars vous vous rappelez le grand nettoyage qu’on avait fait y’a deux ans 

 

Deuxième Soldat : _ Oh que oui je m’en rappelle mon vieux 

On les avait pris par surprise pour ne pas qu’ils nous jettent de sorts

Ces chiens nous lançaient leurs cailloux et leurs lances en bois sans parler de leurs flèches 

De vraies petites vermines

 

Premier Soldat : _ Et leurs femmes ces gueulardes j’en ais encore mal au crane

 

Rire générale des soldats

Troisième soldat : _ Pour ça elles sont presque normales 

Deuxième Soldat : _  T’as vu ton bout aussi t’es pas un homme mais un gorille croisé avec un taureau 

Premier Soldat : _  Au moins ce genre d’hybrides ne laisse pas filer leurs proies…

Troisième Soldat : _ Ce que j’aimais le mieux c’est quand il n’en restait qu’une pincée et qu’après s’être bien dépensé l’on pouvait prendre le temps de s’amuser un peu quand je poursuivais l’une de leurs femelles et que vous l’attendiez cachés pour l’encercler…

 

Deuxième Soldat : _ Tu faisais mine de l’abandonner ou de l’avoir perdue ce que j’appréciais c’était d’observer leurs épaules recourbées leurs jambes semi pliées tel des lièvres prêts à bondir au moindre crissement de feuille

Risibles 

Elles se croyaient ainsi aux aguets ces idiotes ne nous calculaient jamais à temps

Pourtant j’étais dissimulé à deux pas d’elles

De mon poing

Je sortais doucement mon poignard de son lit

Je le serrais

Puissamment

Et je l’élevais…

 

Troisième Soldat : _ Il faut bien l’avouer tu ferais un bon chasseur

 

Tavernier : A La Gamine_ Le ménage sera fini quand 

 

La Gamine : _ Lorsque le détergeant aura agit

 

Deuxième Soldat : _ Le sang gerbait

Tel un feu d’artifice

Elles se repliaient stupidement sur elles-mêmes

Puis précipitamment se relevaient d’un saut et couraient à creuser le sol de leurs pieds

Excitant…

 

Troisième Soldat : _ Ce que j’adorais dans ces cas là 

C’était de jeter la tête puante de l’un des leurs devant elles alors…

Premier Soldat : _ Elles gueulaient 

Encore plus hystériques 

Ça me rendait dingue 

Puis elles chialaient bruyamment avec autant de grâce qu’une brebis galeuse

 

Troisième Soldat : _ Elles restaient plantées là

Les yeux exorbités

Leurs tronches ingrates dégoulinantes de larmes 

 

Deuxième Soldat : _ Ouais elles mouillaient déjà

Rire générale des soldats

Soudain, ils s’étouffent et tombent paralysés sur la table

 

La Gamine : Arrête son travail et annonce aux soldats_ 70 ingrédients 

32 issus d’animaux

22 d’origine végétale

Et 6 provenant de minéraux

Mélangez l’ensemble jusqu’à obtenir une pâte bien lisse

Laissez le tout fermenter durant une année

Puis récupérez le liquide suant hors de la pâte

Dégustez froid ou chaud

Une seule goutte suffit à vous provoquer les effets désirés

A savoir 

Ressentir

Minutieusement

Des pieds à la tête

De la peau aux muscles

Des os à la moelle

La sensation de brûler vif

Cela durera trois jours

Une fois le délai écoulé les experts s’accordent à dire que vous périrez dans une explosion de souffrances qui sont paraît-il indescriptibles

A moins que 

Mais oui

Si cette sauvage sait quels sont les effets du poison c’est sans doute parce qu’il y a eut des survivants pour témoigner 

Effectivement il existe un antidote juste ici

 (Elle sort un flacon de sa poche et leurs tend)

Le premier qui l’a a gagné

 

Tavernier : Aux soldats _ Il y a il y a un an vous avez croisé le chemin de mon fils

Il rentrait chez lui après un long voyage

Son allure d’homme sans attache a sans doute été votre excuse pour lui voler sa bourse et le tuer

 

La Gamine : Prend la valise _ J’y vais 

 

Tavernier : _ En cas de besoin n’hésite pas reviens ici

Au revoir petite

 

La Gamine : _  Salut

 

Tavernier : _  Tu n’oublies rien 

 

La Gamine : _ Ah

Le flingue que vous m’avez donné

Merci au fait 

(Elle sort)

 

Tavernier : _ Ici

Votre séjour sera des plus agréables messieurs

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